éditions alidades

Gerhard Falkner

À Grüningen / In Grüningen

Poèmes traduits de l'allemand et présentés par Joël Vincent.
Bilingue, Alidades, 2024,
12,5 x 21 cm, 56 pages, 6,50 euros.
ISBN 978-2-919376-98-8

Poète, dramaturge, essayiste et traducteur (notamment des poètes de langue anglaise, tels Hopkins, Ashbery, Yeats), Gerhard Falkner est né en 1951.
Poèmes endogènes est paru en 2000. D’autres recueils ont suivi, dont Hölderlin Reparatur en 2008, Schorheide en 2019.
La réflexion sur le sens, la vanité ou l’inanité de la pratique poétique est au centre de ses préoccupations et de la recherche d'une voie capable d'éviter les effets faciles d'une écriture aux normes des mass-media ou de la bien-pensance poétique autant que l'enfermement dans un hermétisme dissuasif.
De nombreux prix lui ont été décernés, parmi lesquels Le prix Schiller en 2004, le prix Peter Huchel en 2009, et le prix August-Graf von Platen en 2009.

Presse :

"Gerhard Falkner, un poète de grande envergure" Françoise Favretto, L'Intranquille, n° 27, octobre 2024-mars 2025.

Extrait :

MUSIQUE DE TÊTE

nos poèmes tomberont
dans l’oubli – ne restera que
le mal de tête
de ceux qui ne les ont pas conservés

nos poèmes laissés
plantés là mutuellement
à quoi bon s’efforcer
d’un peu de souffle
de fourguer au brin d’herbe
cette petite tape divine

seule la trace de ce qui
a déjà été abandonné
avant et depuis toujours
brillera
comme par le passé

Poèmes de Schorfheide

Poèmes traduits de l'allemand et présentés par Joël Vincent.
Bilingue, Alidades, 2026,
12,5 x 21 cm, 60 pages, 7,00 euros.
ISBN 978-2-494935-20-4

Poète, dramaturge, essayiste et traducteur (notamment des poètes de langue anglaise, tels Hopkins, Ashbery, Yeats), Gerhard Falkner est né en 1951.
Schorfheide (2019) est son dernier recueil publié. Ces poèmes, écrits «en plein air», ne se concentrent pourtant pas exclusivement sur l’environnement naturel. Il ne s’agit pas seulement d’écrire «sur le motif» ; topologies et topographies servent plutôt de catalyseurs aux textes ou de réceptacles à la douleur ressentie face à la menace de disparition des paysages. Il n’est nullement question ici d’une démarche “bucolique”.

Extrait :

SCHORFHEIDE 12

Je suis celui dont la mère n’a d’abord rien
enfanté, puis tout. En tant que tel la nature
m’a ici pour elle-même. Je suis son dernier
désaccord. Le dompteur
de sa faune mise en pièces. Chaque branche
fleurie sacrifie à mon obstination d’être. Comme
mes yeux s’attachent aux intervalles
entre les brins d’herbe, aux distances
biologiques, aux césures dans la terre
tout est herbe, l’air est plein de graminées
la houle est plate
comme coulée hors du vent
et pareil à des odes un ordre plus doux
s’impose