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Mikhaïl Lermontov

Le novice / Мцыри



Poème narratif. Traduit du russe par Guy Imart
Édition bilingue

alidades 20
24, 12,5 x 21 cm, 60 pages, 7,00 €, ISBN 978-2-494935-06-8

L’un des plus grands poètes russes du dix-neuvième siècle, considéré même comme le successeur de Pouchkine, Mikhaïl Iourievitch Lermontov est né à Moscou en 1814. Il reçoit l’éducation d’un jeune aristocrate et se distingue très rapidement par l’indépendance de son caractère et la force de ses convictions. Il intègre en 1832, après avoir interrompu ses études universitaires, l’École des Cadets de Pétersbourg, dont il sort en 1834.
Admirateur de Pouchkine, des romantiques anglais (spécialement de Byron), français et allemands, il se consacre très tôt à la littérature, tout particulièrement à la poésie. "La mort d’un poète" (1837), élégie sur la disparition de Pouchkine, marque son engagement critique dans une Russie qui souffre du climat de répression consécutif à la révolte des décabristes, et lui vaut un premier exil dans le Caucase. Mais c’est aussi ce poème qui installe sa réputation d’écrivain.

Son œuvre en prose la plus connue, tant en Russie qu’à l’étranger, "Un héros de notre temps" (1840) dépeint le malaise d’une jeunesse instruite, acquise aux idées libérales, que le despotisme russe prive de toute perspective. Le long poème narratif "Le Démon", publié en 1841 et contemporain dans sa composition du poème "Le Novice", aborde la question de l’ambivalence du bien et du mal et suscite aussi bien l’admiration des cercles littéraires avancés que la réprobation des milieux conservateurs.

Lermontov meurt à 26 ans, dans le Caucase, lors d’un duel.

Son œuvre poétique a été traduite en de nombreuses langues, souvent à plusieurs reprises, mais très rarement en français.

"Le novice" est l'histoire d'un jeune caucasien enlevé par un général russe et élevé dans un monastère. Désireux de retrouver sa patrie et les siens le jeune homme fugue. Durant trois jours il renoue avec les forces de la nature et jouit d'une liberté à laquelle il aspirait et dont le sort l'avait privé.
Ce poème, au rythme marqué, aux évocations d'une grande richesse, n'a été publié en français qu'une seule fois, en 1969, dans une traduction de Georges Arout. Il constitue un hymne à la liberté, à la nature et à la vie qui va bien au-delà d'une pose romantique.

"Le novice" (Avec ses étranges mélanges : le combat contre le tigre, d'origine géorgienne, le poisson surgissant à la fin qui évoque le conte du poisson d'or et peut-être la légende de Sadko.)  peut apparaître comme un pendant très intéressant au "Cavalier de bronze" de Pouchkine. Le "Cavalier" serait le poème d'un citadin et "Le novice" celui d'un amoureux de l'air libre et de la nature. Le pauvre héros de Pouchkine sombre dans la folie et maudit Pierre le Grand, le novice de Lermontov se résigne, sans maudire qui que ce soit. Sa "prison" est sans doute un état de fait politique, contemporain, mais elle est aussi le propre de la condition humaine, alors que dans "Le Cavalier", le responsable est clairement désigné.

Recension par Marie-Hélène Prouteau, La cause littéraire du 24 juin 2024 :

"(...) Le monologue-confession du Novice constitue un vibrant hymne à la liberté, au ressourcement de la vie en fusion avec la nature qui porte, en creux, la critique de l’autocratisme et la dénonciation des entraves à la liberté sous les tsars. Le novice, c’est Lermontov.(...)"

Extrait :

"Tu veux savoir ce que je fis
En liberté ? J’ai vécu et ma vie
Sans ces trois jours bénis
Aurait été encore plus triste et morne
Que ta vieillesse sans force.
Depuis longtemps déjà je m’étais résolu
À jeter un regard sur les contrées voisines,
À découvrir combien la terre est belle
À découvrir si nous sommes tous nés
Pour la prison ? la liberté ?
À l’heure nocturne – heure d’épouvante –
Quand le tonnerre vous effrayait,
Lorsque, massés près de l’autel
Vous gisiez, face à terre,
Moi – je m’enfuis.
Ah, quelle joie ! Étreindre l’orage comme un frère,
Le suivre des yeux dans la tourmente
Saisir de mes mains les éclairs...
Dis-moi, entre ces murs,
Qu’auriez-vous pu m’offrir en échange
D’une telle, brève mais vivante, complicité
De l’orage et d’un cœur passionné ?"

 

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