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 Promeneurs du Jardin des Plantes

Extrait de la première partie de Le Jardin des Plantes, description complète historique et pittoresque du Muséum d'Histoire Naturelle par Pierre Bernard, Louis Couailhac, Paul Gervais et Emmanuel Le Maout, chez Louis Curmer, Paris 1842.
alidades 2019, trouvures,
12,5 x 21 cm,
32 pages, 5,00 €, ISBN 978-2-919376-68-1

Extraites de la première partie de la somme consacrée en 1842 au Muséum d'Histoire Naturelle et à son Jardin des Plantes par les journalistes et écrivains Pierre Bernard et Louis Couailhac, et les naturalistes Paul Gervais et Emmanuel Le Maout, ces pages choisissent d'aborder le public des promeneurs et des visiteurs du Jardin des Plantes dans le prolongement de la description des animaux de la ménagerie. À la manière de l'époque, les auteurs s'y livrent à une typologie toute subjective et amusée, une sorte de taxinomie teintée d'un romantisme à peine ironique, à peine piquant parfois.
Le ton suranné, paisible, prolongé dans les nombreuses illustrations, qui est le leur, nous a paru en parfait accord avec ce petit morceau de dix-neuvième siècle au cœur de Paris que reste le Jardin des Plantes.

 

 

Extrait :

"Voici un habitué qui jette en sortant un coup d’œil presque tendre à l’hyène et au chacal.
— Celui-là, c’est un usurier; — il vient chaque jour au Muséum toucher en distractions, en plaisir, les intérêts de la quote-part qu’il aurait pu payer comme contribuable, comme patenté, etc., dans la dépense du Muséum. — L’usurier ne manque jamais d’amener au Jardin des Plantes son bon voisin (c’est ainsi qu’il l’appelle), les parents obstinés qui sont venus le relancer jusque dans le grenier qu’il occupe rue Mouffetard, faubourg Saint-Jacques, entre un pauvre honteux et une vieille ouvrière qui n’y voit plus, dont la main tremble et qui doit vivre néanmoins de son travail. L’usurier est un cicérone enthousiaste; il se transforme volontiers en amphitryon magnifique, pourvu qu’il n’ait rien à payer. — Voyez-le, conduisant ses hôtes, les excitant à l’admiration en leur disant, comme ce personnage de la comédie: «On enchaîne pour nous ici tant de divertissements, que toutes nos heures sont retenues, et nous n’avons aucun moment à perdre si nous voulons les goûter tous.1» — L’usurier fréquente le Muséum même en hiver; il éprouve un regret et un remords périodiques, lorsqu’il passe devant l’enclos des arbres et des arbrisseaux qui peuvent passer la plus rigoureuse saison en pleine terre, — lui, couvert de laine, et qui a besoin de feu, à quinze degrés au-dessous de zéro. Vous observerez l’air ironique de cet homme, lorsqu’il lui arrive de rencontrer un étudiant qui n’a pas voulu visiter, seul, de si jolies plantes, de si belles fleurs, et qui, pour mieux comprendre les plus aimables choses de la création, a choisi la société la plus aimable. — Oh! l’on a beaucoup de logique à l’école de médecine."

 

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